Eurostar veut devenir neutre en CO2 en novembre et réduire ses émissions
LONDRES (AFP) - Eurostar, le train à grande vitesse qui relie la France et la Belgique à la Grande-Bretagne, a dévoilé mardi un programme "Voyage Vert" visant à réduire des émissions de CO2 de 25% par trajet et par voyageur d'ici 2012, tout en rendant ses voyages neutres en CO2 dès novembre.
Ce petit exemple pour soumettre une réflexion de prospective sur le marché de l’environnement. Il s’agit d’un marché qui avait peu à peu pris son importance et qui est en train d’exploser depuis que la caution scientifique est tombée : « l’homme réchauffe la planète » !! Sans reprendre les observations de M. Allègre sur la pertinence scientifique de ces observations partielles, il est tout de même déplorable que le seul bon sens, la simple observation et l’absence d’hypocrisie n’ont pas suffit durant ces 40 dernières années pour regarder la vérité en face, à savoir que « l’homme pollue ». Une autre réalité apparaît au regard d’une lecture plus pragmatique de ces « changements » de mentalité. En réalité, les moyens techniques, mais surtout la maturité du marché, ont permis de lancer la machine « faire de l’argent en sauvant la planète ». Désormais, ce sont les entreprises qui ont un intérêt mercantile à faire de l’écologique, du biologique, du développement durable, du NIE « non-impact on environnement » car il s’agit d’un business et d’un bon business.
Il serait donc intéressant de savoir quelle place occupe la France dans la mise en place de cette nouvelle ère de la consommation post « hight Tech et mobilité ». Comme à son accoutumée, la France a d’énormes capacités et un potentiel de leader, mais le manque de lisibilité de son environnement géoéconomique global et sectoriel est très mauvais. En effet, il serait opportun de poser une simple question : Qui est en mesure de devenir leader sur ce marché dans la majorité des domaines de cette « nouvelle éco-économie » ?
Et bien, à l’inverse de la première perception de l’environnement international, il s’agirait des Etats-Unis dans le domaine des énergies du textile, logistique et des services, ceux-ci ayant abandonné depuis longtemps déjà le domaine automobile. Ce constat semble difficilement palpable en raison de la politique des Etats-Unis en matière environnementale. Mais il ne faut s’y tromper. Si les Etats-Unis n'ont pas signé le Protocole de Kyoto, ce n’est pas par crétinisme bien que les apparences soient trompeuses. En réalité, les USA n’ont jamais signé d’accords internationaux qui les obligent : c’est une tradition. Ils préfèrent légiférer en interne et imposer à l’international des décisions souveraines à l'encontre de leurs partenaires par le biais de leviers diplomatiques, militaires et économiques. Les quelques engagements internationaux pris par les Américains ont paru être de puissantes armes au service de leurs intérêts. En d’autres termes, après les prochaines élections présidentielles, un volte-face américain sur la signature d’un protocole concernant les gaz à effet de serre cacherait la volonté de contrôler un outil pour le maintien de leur puissance.
Il ne faudra pas s’y tromper, ce sont les USA qui ont gagné du temps en usant d’une stratégie procédurière afin de leur permettre de mettre en place nombre de points d’ancrage économique dans les domaines environnementaux et ce, dans le seul but de conquérir des marchés mondiaux et d’être leader sur cette « nouvelle éco-économie ». La Californie et les Etats de la Sun Belt sont très développés quant aux créneaux d’énergie verte et de textile écologique ou bio. Un récent partenariat avec le Brésil, premier producteur d’Ethanol, ne doit pas faire oublier que le second producteur et consommateur sont les Etats-Unis en pleine politique fédérale de développement. De même, pour le Solaire où les aides politiques des Etats comme la Californie ont véritablement boosté le marché, alors qu’en France tout cela est encore bien timide.
Dans ce contexte, il convient de connaître la richesse de l’Europe : il y a un véritable savoir-faire chez nos voisins Allemands et Nordiques, de même qu’une grande praticité chez les Hollandais et les Anglais. La France a d’énormes ressources mais elle doit aider les principaux acteurs énergétiques à se développer par le biais d’incitations à la consommation sur ces secteurs. En outre, il faudrait penser que nombre de verrous politiques locaux sont un obstacle au changement : les autorités locales non sensibilisées à ces questions, les communes où les associations de riverains ne souhaitent pas d’éoliennes ou d'énergie solaire pour des raisons d’esthétismes. Il semble encore que le fait de sauver notre environnement ne soit pas une priorité pour certains. En cela, il serait utile de réaliser un moratoire sur les énergies vertes et les habitats écologiques. Ce genre d’initiatives étant ouvert à tous, les acteurs institutionnels et industriels pourraient permettre de galvaniser le secteur. Il s’agirait de créer, d’organiser un débat national sur le thème des industries écologiques. Cela aurait pour effet de mutualiser idées et moyens pour créer une sorte de politique de compétitivité nationale.
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