Organisation transversale et réforme administrative ?
Suite de notre épisode de chat avec Alain Juillet ouvert hier. M. le Haut responsable chargé de l’Intelligence Economique au Secrétariat général de la Défense nationale, depuis 2003, parle de l’approche étatique de l’Intelligence Economique qui donne comme prérogative au gouvernement de venir en aide aux entreprises dans une approche stratégique de protection du patrimoine immatériel de l’économie française.
Cela permet de mobiliser des moyens humains et logistiques de l’Etat pour venir en aide aux entreprises nationales face aux nouveaux types de menaces, alors que l’Etat se réforme en détruisant certaines fonctions et ses corollaires logistiques, les services. Cela s’effectue au travers de destructions, de créations ou bien de métamorphoses, tout comme l’ex-Commissariat au plan désormais appelé : Centre d'analyse stratégique. Cependant, comme toute structure de pouvoir, nombre d’entités développent un service IE pour des raisons de jalousie, de la prise de conscience de l’importance dans la logique du rapport de force avec les autres centres de pouvoir et de décision.
Il en découle la pénétration d’une culture, de méthodes et d’outils au sein de différents services et ministères. Cependant, la question « réflexe » que tout professionnel de l’IE se pose: est-ce que ces services pratiquent un fonctionnement en réseau entre eux ? Au-delà des considérations de pouvoir et d’influence, ils sont sensés travailler au sein de leur structure pour mutualiser au maximum les forces dans une même direction. Il serait donc naturel d’attendre une même logique de fonctionnement entre eux, non ?
Dans cette même culture, la recherche se réforme; hier, Libération parlait du rapprochement du CIRAD et de l’INRA; aujourd’hui, Alain Prochiantz parle dans Le Monde de la nécessité de concentration des structures de la recherche : « le nombre des strates est devenu ingérable. Il faut donc simplifier le système et fournir un environnement administratif de proximité permettant aux chercheurs de se consacrer à leur métier, la recherche. ».
"KPMG vient de livrer un court premier bilan sur les Pôles de Compétitivité en France, fondé sur une série d’entretiens avec leurs acteurs, qui pointe du doigt plusieurs “défauts de jeunesse
” et suggère de se concentrer sur les bonnes pratiques pour progresser rapidement." (Futura Sciences, Par Hubert Guillaud, le 3 janv. 07)
Le premier bilan des pôles de compétitivité est positif. Nonobstant les critiques sur les carences et les insuffisances, il ressort de la volonté commune des entreprises de vouloir s’investir plus dans le réseau, ce qui est encourageant. Il faut juste être sûr que les entreprises continueront à être volontaires pour être toujours plus compétitives. En revanche, les structures privées et publiques parties dans ces aventures doivent faire en sorte de s’investir personnellement et de croire en des projets ambitieux.
« Comme en témoignent de nombreux articles et sondages, la compréhension de ce que recouvre le Web 2.0 est plutôt mitigée. Un grand nombre de personnes interrogées ne savent en effet pas ce que c’est, tandis que d’autres n’y voient qu’un phénomène de mode. » (Agora Vox, par Christophe Brasseur, 14 déc 06)
Juste une réflexion pour nos institutionnels et nous : Comment saisir l’opportunité du changement de générations de Web vers les versions 2.0 et 3.0 pour rattraper nos retards par rapport aux Etats-Unis ? A vos cellules grises IE , à vos outils IE , à vos méthodes IE et surtout à votre culture IE...
« Pour KPMG, la dynamique des pôles mondiaux est prometteuse, mais les projets manquent ailleurs. » (De LAURENCE CHAVANE, Figaro, 8 déc 2006)
Si l'on met cette information en perspective par rapport à ce qui a déjà été dit ici, le litige entre gouvernement et experts continue à propos du nombre de pôles à labelliser. On peut s’interroger sur le fait que cela risque d'avoir des conséquences sur les candidatures en dépôt qui sont, pour l’heure, suspendues. Il semblerait que les experts soumettent l’examen de ces dossiers à la révision préalable des labels déjà attribués. On peut se demander s’il y a concurrence seulement entre les pôles déjà labellisés. A moins que les pôles qui en font la demande entrent en considération dans cette relecture critique du positionnement de certains, pas assez présents dans l’international ? Ou s’agit-il d’une excuse pour concentrer les moyens sur les pôles les plus performants et éviter au Gouvernement de débourser plus d’argent ?
Les pôles de compétitivité souffriraient de leur "jeunesse"
« Les pôles de compétitivité doivent améliorer leur positionnement à l'international et leurs membres doivent s'y impliquer davantage, notamment en matière de recherche et développement, pour aboutir à de meilleurs résultats, estime une étude du cabinet d'audit KPMG. » (Le Monde, 7 déc, 06)
Dire que ce qui est jeune est inexpérimenté semble ne rien apporter de plus au débat, non?
Ne lisait-on pas il y a peu de temps que ces mêmes pôles étaient déjà présents dans l'international? Faisons le tri. Les pôles de compétitivité n'ont pas lancé la recherche en France. Les bons élèves sont ceux déjà rodés et performants depuis des années dans ce secteur de la mutualisation des ressources privées-publiques. C'est pour cela que certains peuvent se permettre d'être présents à l'international (Sophia-Antipolis, etc).
Le Gouvernement a décidé de labéliser 66 pôles au lieu des 10 initialement prévus, et cela, au vu du nombre de candidatures motivées et pertinentes. Au grand dam des experts qui sembleraient bouder - d'après les bruits de couloir ministèriel - leur désaveu et le manifestent par un certain immobilisme sur le traitement des futurs dossiers. Mais peut-on leur attribuer de mauvaises motivations, car les échéances présidentielles ne jouent pas non plus en faveur de l'étude des dossiers de candidature... affaire à suivre...
Cependant l'élargissement des labélisations a permis effectivement de lancer certains pôles de recherche dans la voie d'une effectivité réelle, aux fins de viser des retombées économiques. Aussi, les erreurs de jeunesse sont excusables si elles sont comprises et ne se réitérent pas.