Jeudi 15 mars 2007
Airbus
Paradoxe des carnets de commande pleins et d'un avenir de développement compromis !
Tout le monde s’accorde pour dire que l’Etat doit et restera actionnaire d’EADS, tout simplement en raison des secteurs touchant à la défense nationale dans lesquels le groupe européen travail. Désormais, le débat se déplace d’Airbus vers EADS car c’est là que tout se joue.
En matière de politique industrielle, il reste à finir l’intégration d’Airbus au sein du groupe. Il convient de réorganiser les centres de production par pôle de compétence. Puis Airbus optera pour une politique d’externalisation telle que la connue Boeing en son temps. Ce dernier a opté pour devenir un assembleur au même titre que les constructeurs de voitures. Cette logique implique une délocalisation de la production au travers d’une construction externalisée en complément de l’actualité. En clair, Airbus vient d’ouvrir sa première usine en extérieur des pays partenaires du projet européen. Il s’agit d’une usine d’assemblage en Chine. Il s’agit d’une traction commerciale pour que cette dernière passe des commandes. Il s’agit également de se positionner plus agressivement sur le marché où Boeing est présent depuis 35 ans et où il est déjà présent comme partenaire industriel, la Chine voulant devenir le troisième constructeur d’ici 2020 et ayant lancé une production autonome d’ici 1 an pour des petits modèles. Ce faisceau d’indices montre que l’aviation prend le même chemin que les industries «classiques» européennes.
En matière de politique commerciale, au-delà du partenariat commercial, il y a une recherche de partenaires financiers. Sur ce créneau se pressent la Russie, le Qatar et Dubaï. Ces deux derniers sont déjà de gros clients (Commandes record en vue pour l'A350 d'Airbus) et veulent recycler leurs pétro dollars (Challenges, du 15-21 mars). Ces partenaires sont prêts à injecter les financements nécessaires au développement de l’A 350 et de la gamme A 320. Face à ces nouveaux partenaires, il s’agit de prendre des mesures nécessaires pour défendre les richesses immatérielles d’Airbus et des filiales d’EADS plus largement.
En matière de management, les deux points principaux sont la suppression de la double gouvernance et la recherche d'un meneur capable de porter un projet industriel et d’apporter une vision de développement. Certains répondent par des prétendants comme Bouygues pour une base commerciale solide et Dassault pour faire donner à Airbus et EADS un avenir de développement.
par Grégoire
publié dans :
Intelligence Economique et l'Europe
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